Hello les amis,
Il y a des recettes qui arrivent dans une cuisine parce qu’on les a découvertes au restaurant, d’autres parce qu’on les a goûtées pendant un voyage… et puis il y a celles qui arrivent grâce à une rencontre.
C’est exactement ce qui s’est passé avec cette soupe pho au bœuf.
Une de mes abonnées, Kim, m’a gentiment transmis sa recette de famille. Et je dois vous avouer que j’adore ce genre d’histoire autour d’une recette. Parce que derrière un plat, il y a souvent bien plus qu’une simple liste d’ingrédients : il y a une famille, des souvenirs, des habitudes, des gestes transmis et parfois même une petite part d’identité.
Alors aujourd’hui, je vous emmène au Vietnam avec cette grande soupe parfumée, généreuse et réconfortante.
Le pho, une soupe emblématique du Vietnam
Si vous ne connaissez pas encore le pho, vous allez découvrir une soupe qui n’a vraiment rien d’une soupe ordinaire !
Le pho bo, c’est-à-dire le pho au bœuf (on prononce « feu » pour être précise), associe un bouillon très parfumé, des nouilles de riz, du bœuf et différentes herbes et garnitures.
Ce qui fait toute la personnalité du plat, c’est évidemment le bouillon. Il est généralement construit autour d’un bouillon de bœuf auquel viennent s’ajouter des aromates et des épices comme l’anis étoilé, la cannelle, le gingembre ou encore la coriandre. Le résultat est à la fois profond, parfumé et étonnamment délicat.
Et c’est justement ce contraste que j’aime dans le pho : le bouillon peut être très riche en parfums sans pour autant être lourd en bouche.

Une histoire née au Vietnam à la fin du 19ème siècle
Le pho est aujourd’hui considéré comme l’un des plats emblématiques du Vietnam, mais son histoire est relativement récente.
Son origine est généralement située dans le nord du Vietnam, avec Nam Dinh souvent présenté comme son berceau géographique et Hanoi comme le lieu où le plat s’est véritablement développé et popularisé.
Les premières formes du pho apparaissent à la fin du 20ème siècle, dans le contexte de la période coloniale française.
L’histoire du plat est d’ailleurs particulièrement intéressante parce qu’elle témoigne de rencontres entre différentes cultures culinaires.
Le développement de la consommation de bœuf au Vietnam a notamment contribué à rendre disponibles davantage d’os de bœuf, qui ont ensuite été utilisés pour enrichir les bouillons. Le pho aurait progressivement évolué à partir de préparations de nouilles accompagnées de viande de buffle, avant que le bœuf ne devienne emblématique de la recette.
Dans les années 1930, les vendeurs ambulants de pho étaient devenus familiers dans les rues de Hanoi. Ces petits restaurants mobiles, installés parfois dès les premières heures du jour, ont largement contribué à faire entrer le pho dans le quotidien des Vietnamiens.

Le pho, une soupe qui se mange à toute heure
Et contrairement à ce que l’on pourrait imaginer en France, le pho n’est pas forcément associé au dîner.
À Hanoi notamment, le pho est traditionnellement très présent au petit-déjeuner, même s’il peut évidemment être dégusté à d’autres moments de la journée.
Les échoppes et restaurants servent les bols à la demande, avec un bouillon brûlant versé directement sur les nouilles et la viande.
J’aime beaucoup cette idée d’un plat que l’on peut manger dès le matin.
Un grand bol de bouillon chaud, des nouilles de riz, du bœuf et des herbes fraîches : voilà un petit-déjeuner qui a de quoi tenir au corps !
Et puis, il y a quelque chose de très convivial dans cette façon de manger le pho. Chacun peut finalement personnaliser son bol selon ses goûts, avec du citron, du piment, des herbes fraîches ou différentes sauces selon les habitudes et les régions.

Une recette de famille transmise par Kim
Et revenons à l’histoire de ma recette.
Comme je vous le disais au début, c’est Kim, une de mes abonnées, qui m’a transmis cette recette de famille.
Je trouve cela assez merveilleux, finalement, ce que peuvent permettre les réseaux sociaux lorsqu’on les utilise pour partager ce que l’on aime.
On parle beaucoup de leurs côtés négatifs, et ils existent évidemment. Mais la cuisine y trouve aussi un formidable espace de transmission.
Une personne partage une recette avec une autre, qui la cuisine à son tour, qui la transmet éventuellement à ses proches… Et parfois, une recette qui était préparée dans une cuisine familiale à l’autre bout du monde arrive jusque dans notre propre cuisine.
C’est exactement ce que j’aime dans la cuisine : elle voyage, elle se transmet et elle crée du lien.
Alors merci Kim pour cette jolie transmission ! Son compte Instagram : @Kim.en.cuisine
Le secret du pho : un bouillon riche en parfums
Lorsque l’on prépare un pho, le bouillon occupe évidemment une place centrale.
Il faut lui laisser le temps de développer ses arômes. Les épices jouent ici un rôle essentiel : anis étoilé, cannelle, gingembre, coriandre et autres aromates vont progressivement parfumer le bouillon et lui donner cette signature si reconnaissable.
Le but n’est pas nécessairement d’obtenir un bouillon extrêmement puissant. Au contraire, le charme du pho réside beaucoup dans son équilibre.
On doit pouvoir distinguer les différentes notes sans qu’une seule épice prenne complètement le dessus.
C’est ce qui donne à cette soupe son côté très élégant. Le minimum de cuisson pour le bouillon est une heure. Mais je recommande de laisser à feu tout doux sur le feu pendant 2-3 heures. Vous verrez…

Une soupe complète et intéressante sur le plan nutritionnel
Et si le pho est aussi agréable à déguster, il a également l’avantage de réunir dans un même bol plusieurs familles d’aliments.
Les nouilles de riz apportent principalement des glucides, qui constituent une source d’énergie. Le bœuf apporte quant à lui des protéines, ainsi que du fer, du zinc et de la vitamine B12.
Les herbes fraîches, les oignons, le gingembre et les autres garnitures viennent compléter l’ensemble avec leurs vitamines, minéraux et composés aromatiques.
Évidemment, la composition nutritionnelle exacte dépendra de la quantité de viande, de nouilles, de bouillon et de garnitures utilisée, mais le principe même du pho permet d’obtenir une soupe particulièrement complète.
Et surtout, c’est une façon assez agréable de manger : un grand bol chaud, nourrissant, parfumé et rempli de textures différentes.
Le bouillon, les nouilles et le bœuf : un joli équilibre
Ce que j’aime particulièrement dans cette soupe, c’est justement cet équilibre entre les différents éléments.
Les nouilles de riz sont douces et souples.
Le bœuf apporte du caractère et une texture plus ferme.
Le bouillon enveloppe le tout avec ses parfums d’épices.
Et puis les herbes fraîches viennent réveiller l’ensemble.
On obtient donc une soupe qui joue sur plusieurs sensations à la fois : chaud, frais, fondant, croquant, parfumé, acidulé…
C’est une vraie expérience en soi.
Une cuisine vietnamienne qui varie selon les régions
Comme beaucoup de grands plats traditionnels, le pho n’existe pas sous une seule et unique forme.
Il existe notamment des différences entre les versions du nord et celles du sud du Vietnam.
Le pho de Hanoi est réputé pour sa sobriété et son équilibre, avec un bouillon relativement subtil et des garnitures assez limitées. Dans le sud, les accompagnements sont généralement plus nombreux et le bouillon peut être plus doux, avec notamment davantage d’herbes et de sauces proposées à table.
C’est d’ailleurs ce qui rend les recettes familiales si intéressantes.
Une recette peut avoir une identité propre tout en appartenant pleinement à une tradition culinaire.
Il n’y a donc pas forcément une seule façon de faire « le vrai pho ». Il existe des histoires, des régions, des familles et des habitudes différentes.

Une soupe parfaite quand il fait froid
Même si le pho peut évidemment être dégusté toute l’année, je trouve qu’il prend une dimension particulière lorsqu’il fait froid.
Un grand bol fumant posé devant soi, le parfum des épices qui se diffuse dans la cuisine, les herbes fraîches ajoutées au dernier moment…
C’est extrêmement réconfortant.
Et contrairement à certaines soupes riches et épaisses, le pho reste très agréable en bouche grâce à son bouillon clair et à la fraîcheur apportée par les herbes et les éventuels condiments.
C’est donc typiquement le genre de plat que j’aime préparer lorsque j’ai envie de quelque chose de chaleureux mais pas forcément lourd.
Les ustensiles nécessaires
Une planche à découper,
Un bon couteau d’office,
Une grande casserole (ou un faitout),
Une écumoire,
Une casserole pour cuire les nouilles
Et c’est tout !

Le pho, une recette qui raconte quelque chose
Au fond, c’est peut-être cela qui me plaît le plus dans cette recette.
Un pho, ce n’est pas simplement une soupe de nouilles au bœuf.
C’est un plat qui raconte une histoire : celle d’un pays, de ses influences culinaires, de ses marchés, de ses vendeurs ambulants et de ses familles.
Et maintenant, il raconte aussi une petite histoire de Casserole & Chocolat, puisque cette recette m’a été transmise par Kim.
C’est une jolie illustration de ce que j’aime dans le partage des recettes : on ne transmet pas uniquement une manière de cuisiner. On transmet un souvenir, une tradition, une émotion.
Et finalement, c’est peut-être pour cela que nous aimons autant cuisiner.
Parce qu’un plat peut nous emmener très loin sans même quitter notre cuisine.
Alors merci Kim pour cette recette et pour ce petit voyage au Vietnam.
À vous maintenant de découvrir ce pho au bœuf, de profiter de son bouillon parfumé et de vous approprier, vous aussi, cette belle recette.
La recette, Cheffe !
Soupe Pho au Boeuf
Ingredients
- Bouillon
- 1 morceau de jarret de boeuf de 400-500 g
- 1 os à moelle
- 1 baton de cannelle
- 1 badiane
- 2 clous de girofle
- 1 oignon jaune
- 1 cuillère à café de gros sel
- 1/4 cuillère à café de poivre du moulin
- 2,5 l d'eau
- Finition
- 250 g de nouilles de riz
- 200 g de rumsteck
- 1 oignon blanc frais
- 1 grosse poignée de coriandre fraîche
- Quelques feuilles de menthe (optionnel)
- Nuoc mam
Instructions
Bouillon
Mettez tous les ingrédients dans un grande casserole.
Portez à ébullition puis couvrez et laissez cuire à petits bouillons pendant une heure au moins. (Pour avoir une viande qui s'effiloche faites cuire deux à 3 heures).
Au bout de ce temps, retirez du bouillon tous les éléments solides à l'aide d'une écumoire.
Écrasez ou coupez la viande et remettez-la dans le bouillon.
Finition
Faites cuire les nouilles de riz selon les instructions du paquet.
Coupez le rumsteck en très fines tranches.
Disposez des nouilles dans votre assiette.
Ajoutez quelques tranches de rumsteck par-dessus et de l'oignon en fines tranches.
Versez 2 ou 3 louches de bouillon très chaud (avec le jarret) et mélangez.
Dégustez avec un filet de citron vert, quelques feuilles de coriandre (et de menthe) et une cuillère à café de nuoc mam.
FAQ
Qu’est-ce que le pho ?
Le pho est une soupe vietnamienne composée traditionnellement d’un bouillon parfumé, de nouilles de riz, de viande et d’herbes fraîches. Le pho bo est la version au boeuf.
Quelle est l’origine du pho ?
Le pho est originaire du nord du Vietnam. Nam Dinh est souvent considéré comme son berceau géographique, tandis que Hanoi a joué un rôle majeur dans son développement et sa popularisation à partir de la fin du 19ème siècle.
Quelles épices utilise-t-on dans un bouillon de pho ?
Le bouillon de pho au boeuf est traditionnellement parfumé avec différentes épices et aromates, notamment l’anis étoilé, la cannelle, le gingembre et la coriandre. Les compositions peuvent varier selon les recettes familiales et les régions.
Le pho est-il un plat complet ?
Oui. Un bol de pho associe généralement des nouilles de riz, du boeuf, un bouillon et différentes herbes et garnitures. Il apporte ainsi notamment des glucides et des protéines, auxquels s’ajoutent les nutriments provenant des aromates et herbes fraîches.
Quand mange-t-on traditionnellement le pho au Vietnam ?
Le pho est particulièrement associé au petit-déjeuner à Hanoi, mais il est également consommé au déjeuner ou au dîner. Les échoppes de pho peuvent servir cette soupe à différents moments de la journée.
Quelle est la différence entre le pho du nord et celui du sud du Vietnam ?
La version du nord, notamment celle de Hanoi, est réputée pour son bouillon plus sobre et équilibré. Dans le sud, le pho est généralement accompagné de davantage d’herbes, de condiments et de sauces, avec un bouillon pouvant être plus doux et sucré.




( Vote !)
No Comments